Projet scientifique sommaire de l’équipe ACSPAVE (Action Collective en Santé Publique : Animal, Végétal et Environnement)

L’équipe ACSPAVE (« Action Collective en Santé Publique : Animal, Végétal et Environnement ») s’est mise en place en cours d’année 2013 sous la direction/coordination de François DARRIBEHAUDE, Docteur en droit public, HDR en droit public, Directeur adjoint de l’Ecole Nationale des Services Vétérinaires.

Constituée de chercheurs en droit et en science politique (doctorants et docteurs), appartenant notamment à VetAgro Sup et à Sciences Po Lyon, elle est dédiée aux questions juridiques, politiques et sociologiques impliquées par l’action collective en santé publique agronomique et vétérinaire.

 

Axes de recherche

Le champ d’étude envisagé est celui de l’action collective en santépublique animale, végétale et environnementale.

Le concept de santé publique vétérinaire est déjà connu et s’attache aux relations entre l’homme et l’animal. D’après la définition de l’académie vétérinaire de France, la santé publique vétérinaire couvre « l’ensemble des actions qui sont en rapport direct ou indirect avec les animaux, leurs produits et sous-produits, dès lors qu’elles contribuent à la protection, à la conservation et à l’amélioration de la santé de l’Homme, c’est à dire son bien-être, physique, moral et social ».

La transposition de cette définition aux végétaux paraît désormais possible.

Plus encore, il semble concevable d’appréhender conjointement et, surtout, globalement les relations entre animal, végétal, environnement et bien-être physique, mental et social de l’Homme, qui serait ainsi (re)placéau centre de son environnement animal et végétal. pour répondre à trois attentes :

– assurer, par sa production et sa préservation, la suffisance de la ressource animale et végétale, dans une perspective notamment alimentaire, mais aussi plus large (production de bois d’œuvre et de bois de chauffe, dérivés industriels des fibres végétales, de la cellulose, animaux de travail, etc.) ;

– garantir, au-delà du seul champ alimentaire, la sécurité sanitaire. Se posent par exemple les problèmes de l’impact des résidus antibiotiques et phytosanitaires sur la santé humaine, des pathologies liées à l’animal ou au végétal (intoxications, allergies, etc.) ;

– appréhender l’animal et le végétal dans leur relation avec l’homme. Il en est notamment ainsi de la perception sociale de l’animal en tant qu’être vivant (protection et bien-être animal, domestication / animal nuisible) et du rôle social de l’animal (animaux de compagnie, de protection, d’aide au handicap, etc.) ou encore des aspects sociétaux liés à l’alimentation (OGM, interdictions et obligations religieuses), ou à l’aménagement de l’espace de vie (forêts, espaces verts, etc.). Il en est également ainsi de l’impact sur l’environnement de l’homme des productions animales (animal dans la ville, élevages-installations classées pour la protection de l’environnement, …) et végétales (pollution des nappes, contribution au bilan carbone, etc.)

L’hypothèse est que ces trois attentes sociétales sont interconnectées et indissociables, et qu’il doit en être systématiquement tenu compte pour la détermination de toute politique de santé publique concernant les relations prises en compte dans toute politique publique concernant les relations Homme-animal- végétal-environnement.

Ce projet de recherche sur l’action collective en santé publique animale, végétale et environnementale s’inscrit dans une approche interdisciplinaire, articulant les sciences qui s’intéressent aux acteurs et àleur organisation (sociologie) à celles qui s’interrogent sur les instruments, dispositifs et programmes publics de gouvernance des domaines d’intervention vétérinaires et agronomiques (droit, science politique).

Du fait de la thématique de recherche, il pourra également impliquer des sciences dites exactes (sciences vétérinaires, agronomiques, etc.)

Du fait de la dimension envisagée de l’équipe, le choix a été fait de ne pas identifier a priori d’axes de recherche au sens formel, mais un axe unique correspondant au thème de recherche de l’équipe. Le caséchéant, plusieurs axes se dégageront des travaux de l’équipe.

L’étude de l’action collective en santé publique animale, végétale et environnementale permet notamment d’appréhender les acteurs, leur transformation, l’évolution de leurs modes d’action (action régalienne, sanction, normes, droit « souple » etc.), dans une perspective qui pourraitêtre historique comme analytique ou comparée, nationale comme internationale.

Elle contribuerait à améliorer la connaissance des interactions entre homme, animal et végétal et à perfectionner les pratiques des structures publiques et privées impliquées en santé publique animale, végétale et environnementale.

 

Plusieurs thèmes de recherche ont d’ores et déjà été identifiés :

D’abord, la question des modes et modèles de la « nouvelle » gouvernance sanitaire, leur évaluation et amélioration, et notamment les problématiques de l’action collective en santé publique animale, végétale et environnementale et celle de la conception et de la mise en œuvre de l’action collective concernant les animaux (notamment sauvages), en particulier la lutte contre les maladies.

Ensuite, au-delà de l’étude des relations entre pratiques agricoles et santé publique (composition des produits et toxicité, qualité sanitaire, valeur nutritionnelle, diffusions liées aux pratiques de produits dans l’environnement, toxiques ou modifiant les conditions de bien-être), les structures mêmes de la production agricole pourraient être analysées en lien avec la santé publique (choix et répartition des espèces, , production de paysage par l’agriculture influant sur le bien être des populations, etc)

Enfin, pour les chercheurs impliqués, travailler, dans leur champ disciplinaire et/ou en interdisciplinarité, sur ces problématiques, participe par voie de conséquence à interroger le concept même de santé publique agronomique et vétérinaire.